A l’époque du petit train (1912-1932)
La décision de créer un réseau ferré local dans le Finistère allait marquer un tournant important dans l’histoire feuillantine. En 1912, lorsque le premier train arriva en gare, la commune était particulièrement pauvre, très peuplée (1889 habitants soit trois fois la population actuelle), et dotée de routes et de chemins en mauvais état. Le désenclavement offert par le train permit alors d’amener des engrais pour fertiliser ces terres ingrates, mais aussi d’aller vendre son bétail les jours de foire avec plus de facilité.
Quelques chiffres :
La ligne passant à La Feuillée (Plouescat-Rosporden) était une des plus longues de France (parmi les réseaux locaux) ainsi que la mieux pourvue en voitures de voyageurs et de marchandises. 135 kms, 31 arrêts, trois aller-retour par jour, et plus les jours de foires et marchés. Il fallait 10 heures pour joindre les deux terminus au prix de 6,45frs en seconde classe à une vitesse moyenne de 13km/heure.

Témoignage extrait du bulletin communal :
Un jour, un feuillantin revenait avec un copain de la foire de Landivisiau où ils avaient doublement profité de la journée. Arrivés à la montagne, ils avisèrent un wagonnet vide en bordure de voie. Après l’avoir poussé quelques mètres sur les rails, nos deux compères sautèrent dans le wagon qui, pensaient-ils, allait les ramener tranquillement chez eux. Mais le wagon prit de la vitesse et se mit à dévaler vers La Feuillée cependant que les deux voyageurs hurlaient à tue-tête : « Arrêtez wagon ! Arrêtez wagon ! ». Le wagon s’arrêta, mais de lui-même à quelques kilomètres de là…l’histoire fit le tour de la commune.
