La Feuillée et l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jerusalem

Au XII ème siècle, le centre Bretagne est divisé en vastes territoires, dénommés des Plou, peuplés de quelques habitats isolés. Certaines de ces terres ont été données aux Ordres militaires (Templiers, Hospitaliers,…) au moment des croisades par le Duc ou des seigneurs afin que les ressources qu’ils puissent en tirer servent à financer les armées en campagne. Dans la paroisse primitive de Ploumenez, un minuscule état, enclavé dans la paroisse de Berrien, devient la paroisse de La Feuillée, créée par les Hospitaliers. Cet Ordre voué à la charité a plusieurs missions : défendre la terre chrétienne et la foi catholique contre les infidèles, mais également accueillir, entretenir et acheminer les pèlerins, soigner les malades, réconforter les pauvres.


Chevalier de Rhodes
(dénommé dans un premier temps, chevalier de St Jean de Jérusalem, puis chevalier de Rhodes,
et en dernier chevalier de Malte, selon la localisation de leur place-forte)


Située sur la route gallo-romaine Carhaix-Plouguerneau, La Feuillée est une étape bienvenue pour les voyageurs. Les Hospitaliers y construisent un hôpital, lieu d’hébergement et de soins pour les pèlerins et les pauvres, avec, en bout de ce bâtiment, une petite chapelle, dédiée à Sainte Catherine. Une première église paroissiale est construite, devenant par la suite la chapelle St Houardon. Puis une plus grande est bâtie non loin, dédiée à Saint Jean Baptiste, un des deux Saint patrons de l’Ordre. Un premier manoir accueille le Commandeur au village de Kerbérou lorsqu’il se déplace sur ces terres. Il est transformé en ferme au profit d’un second manoir, situé au bourg, servant en même temps d’auditoire. Car La Feuillée est une juridiction hors du domaine royal, possédant sa propre justice, symbolisée par des piliers patibulaires. Deux moulins banaux, à Kerelcun et à Kerbérou, servent aux paroissiens, ainsi qu’un four banal situé au bourg. Deux fontaines sont bâties au long de ces années : la fontaine Saint Jean au bourg, et la fontaine de Notre Dame de la Clarté au village de Keranhéroff. 


Chapelle Saint Houardon

La commanderie de La Feuillée et ses annexes regroupent, à la fin du XVIIème et jusqu’à la Révolution, huit petites commanderies ou membres : La Feuillée, Maël-Loc’h, Quimper, Le Palacret, Pont Melvez, Balanant, Plélo, et Le Croisty. Le membre de La Feuillée s’étend sur la paroisse du même nom et sur celles de Scrignac, de Plonévez du Faou, de Lopérec, de Hanvec. L’ensemble est réparti sur six evêchés : Cornouaille, Dol, Tréguier, Saint-Brieuc, Vannes et Léon. C’est la moins pauvre des commanderies de Bretagne : en 1729, elle est affermée pour 16 000 livres.

Trente commandeurs se succèdèrent depuis 1310 jusqu’à la Révolution, le premier commandeur connu étant Jean de Chalons et le dernier Alexandre Louis Hugues de Freslon de la Freslonnière. Certains ont été en possession de la commanderie plus longtemps que d’autres. Mais peu ont résidé à La Feuillée, et dès le XVIème siècle, certains ont même affermé la commanderie, la déléguant à un fermier général. L’histoire a retenu certaines de leurs actions, l’une des plus importantes concernant la quévaise, car ils ont fait dresser des terriers (relevés de terres) et défendu les droits sur leurs terres, tel fut le cas pour Pierre de Keramborgne, Alain de Boiséon, Guy d’Aloigny et Ours Victor de Tambonneau.


Armoiries du commandeur Pierre de Keramborgne
(de gueules à un heaume de profil d’or accompagné de trois coquilles d’argent)
commandeur de La Feuillée de 1434 à 1449



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